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Margaux Scalisi : portrait d’une entrepreneure qui innove par la force de ses convictions

Margaux Scalisi : portrait d’une entrepreneure qui innove par la force de ses convictions

Une multitude de chemins est envisageable pour construire un projet. Margaux Scalisi est fondatrice de Vefa Online, une plateforme digitale qui accélère la production de logement social en France. Pour Margaux, la voix de l’entrepreneuriat n’était qu’une conséquence de l’idée qu’elle a eue : le seul moyen de développer une idée qui n’existait pas encore.

En tant que solo founder d’une nouvelle façon de penser l’immobilier, elle s’est confronté à l’inconnu avec la force de ses convictions et de ses valeurs. Personne avant elle n’avait expérimenté cette solution. Margaux a fait le choix de s’entourer de personnes qui partagent sa vision de l’entrepreneuriat comme un moyen et non comme une finalité. Une vision qui l’a menée dès ses débuts à participer au bootcamp WILLA Possible et l’a convaincue de se lancer dans l’entrepreneuriat !

Dans cette interview, Margaux nous raconte comment elle a dépassé des biais de genre et la peur de l’inconnu pour construire un projet en accord avec ses valeurs.

 

Comment est née l’idée de Vefa Online ?

 

Pendant mes études, je me suis spécialisée en urbanisme dans l’immobilier. Je suis passionnée par ce métier, par les nouvelles constructions et l’aménagement du territoire. J’ai travaillé chez un promoteur immobilier et j’ai été amenée à croiser des acheteurs institutionnels, des gens qui m’ont acheté du logement pour le gérer sous la forme de logement social, de résidence étudiante, résidence pour personnes âgées.

Ces logements, aujourd’hui, dans la profession, on les gère uniquement par téléphone, par mail, dans nos carnets d’adresse. C’est fastidieux et souvent imprécis. J’ai eu envie de repenser mon travail et j’ai imaginé un outil qui centralise l’offre et la demande de logement très spécifiques. L’idée s’est logée dans ma tête et impossible de m’en défaire ! Je suis restée en poste quelques mois, puis j’ai décidé de me consacrer à temps plein à ce projet.

Au départ, je voulais juste faire germer l’idée et rencontrer des gens de mon métier, leur demander si eux aussi vivaient la même chose que moi. J’ai eu l’idée d’une plateforme et très vite, je me suis dit que ce serait bien d’être accompagnée pour faire grandir ce projet.

C’est donc une idée et une vision de ton travail que tu as eu envie de développer, plutôt que l’envie en soi de monter ta boite ?

 

Vraiment l’entrepreneuriat, de manière assez surprenante, ce n’est qu’une conséquence de l’idée que j’ai eu. C’était le seul moyen de pouvoir développer cette idée en réalité : comme ça n’existait pas, il fallait que ça devienne un projet entrepreneurial !

Dans l’immobilier, j’ai assisté à des démonstrations de startups dans une ambiance qui ne me correspondait pas, tournée vers la levée de fonds rapide par exemple. Moi, je voulais développer une idée et une nouvelle vision du travail, c’était des valeurs que j’avais envie de porter, j’ai eu besoin de m’entourer de personnes qui partageaient cette vision. C’est là que ma meilleure amie m’a parlé de WILLA, qu’elle avait connu 2 ans plus tôt. J’ai trouvé le format du Possible intéressant, car court et idéal pour me faire une idée de l’ambiance.

Très vite dans le possible, je me suis sentie à ma place en fait. J’ai eu la chance de gagner le Prix coup de cœur BNP Paribas : des sessions d’accompagnement par BNP Paribas, qui m’ont donné envie de postuler au programme START.

 

Le WILLA Possible, c’est l’étincelle qui m’a fait me dire : “Allons-y pour l’entrepreneuriat !”

 

Qu’est-ce qui te faisait peur avant de te lancer, qu’est-ce qui chez Willa a déclenché la machine ?

 

J’avais sans doute un syndrome de l’imposteur assez tenace. Ce que j’ai apprécié dans le Possible et plus largement ce que j’apprécie chez WILLA, c’est qu’avec les entrepreneur.e.s, les expert.e.s, les coachs ou les membres de l’équipe, j’ai l’impression d’être vraiment à ma place.

Je n’ai pas besoin de dépenser d’énergie pour lutter contre ce syndrome de l’imposteur. C’est de l’énergie économisée que je peux mettre dans mon projet et ça c’est assez incroyable.

Je me souviens d’une chose lors du Possible, c’est qu’avec les filles de la promotion, on était toutes alignées. Je me suis dit “Mais c’est dingue, ils ont une potion magique pour réunir autant de gens bienveillants ?”. Je réfléchis parfois à ce qui nous unit, les femmes entrepreneures ici. C’est peut être que l’entrepreneuriat n’est pas un driver mais plutôt une idée avec des valeurs et ça change de beaucoup d’autres structures. Je ne me suis jamais sentie poussée vers des chemins, on me donne plutôt la force de pouvoir décider d’où je veux aller et de comment je veux y aller.

 

Tu es encore en contact avec les filles du Possible ? Tu as des nouvelles de leurs projets ?

 

Oui, avant le confinement on faisait des apéros ! Certaines ont vraiment pivoté. Certaines ont abandonné leur projet et repris un boulot, d’autres ont dû abandonner leurs projets à cause de la situation sanitaire, dans la restauration ou dans l’évènementiel notamment. Pour moi le covid a plutôt été un “accélérateur”, il y avait un besoin de digitaliser des ventes qui ne le sont pas aujourd’hui.

 

Donc le Possible, c’était pour toi une découverte de l’entrepreneuriat qui t’as convaincue de te lancer !

 

C’est ça ! Ces 3 jours de bootcamp m’ont permis de voir d’une part ce que ça voulait dire, quels seraient finalement les enjeux divers et variés, qu’on soupçonne sans oser s’y pencher. Finalement, le Possible c’est une première approche concrète dans ces réflexions.

C’est 3 jours de sessions intenses sur les différentes thématiques qu’on va aborder dans le cadre de notre projet entrepreneurial. Ce que j’avais adoré, c’est de commencer par les valeurs de l’entreprise et les nôtres. C’était un atelier où on s’interrogeait sur ce sujet en groupe, avant de basculer sur le business model, puis comment faire un premier produit, comment le tester auprès d’une communauté d’utilisateurs, comment utiliser la communication : des thématiques très variées pendant 3 jours.

Le dernier jour se termine par un entraînement de pitch sur l’idée ou le projet qu’on a en tête et qu’on présente devant un jury (bienveillant bien sûr). C’est un excellent exercice, avec beaucoup d’adrénaline, parce qu’à ce moment-là, c’est la toute première fois qu’on pitche. J’avais adoré l’état d’esprit des filles qui étaient là, l’énergie qu’il y avait dans le groupe. Peu après le Possible, il y avait un salon de l’immobilier : j’y suis allée et j’ai rodé mon pitch dans les allées du salon !

Quel rôle a joué le possible dans ton aventure entrepreneuriale selon toi ?

 

Il a accéléré ce que j’étais en train de bâtir de mon côté. J’avais les compétences, j’avais beaucoup investigué, Willa m’a permis de prendre la mesure de l’entrepreneuriat et m’a donné les “best practices » pour me lancer. Je suis arrivée avec cette collection d’avis et j’aurais pu passer encore 6 mois à rencontrer des gens, à tâtonner pour voir si mon projet avait de l’écho, récolter des avis de professionnels etc.

Il y a tellement à faire qu’on a tendance à partir dans tous les sens ! Willa m’a aidée à prendre du recul, à me recentrer sur les vraies priorités, à dépasser des biais de genre qui m’enfermaient dans certaines positions. Je pense avoir gagné au moins 6 mois de travail et des conseils précieux, il n’y aurait pas de Vefa Online sans Willa.

 

Qu’est-ce que tu as fait après le Possible ?

 

Le Start ! La baseline du Possible c’est “Passer de l’idée à l’action”, celle du Start c’est “Passer de l’action à la 1ʳᵉ vente”. Je l’ai gardée en tête, je me suis entraînée avec mon pitch, j’ai amélioré mes slides, j’étais beaucoup dans la production de contenus. Je faisais des recherches sur ma cible et je continuais à rencontrer les gens. Quand je suis arrivée en Start, ça faisait beaucoup rire ma coach parce que j’avais une liste d’avis incroyablement longue ! Elle m’a dit “Ta collection d’avis, il faut essayer de la transformer et d’en faire une vente.”

Ma première vente est arrivée de manière assez folle, pendant la première semaine du confinement ! J’ai rencontré ce premier client dans le salon immobilier suite au possible, dont je parlais tout à l’heure, lorsque Vefa Online n’était encore qu’un Power Point. On a travaillé ensemble et ils m’ont fait confiance pour faire une pré-vente, qui m’a permis de développer la plateforme dans la foulée.

 

Et ensuite, tu as rejoint le programme Start puis le programme Scale ?

 

Après ma première vente, j’ai fait le choix d’aller vers des technologies low code qui permettent de développer plus vite et en plus grande autonomie, quand on a pas d’équipe de développeurs. On a développé nous-même la première version de Vefa Online, le client a pu se connecter et commencer à utiliser l’outil pour la première fois. Et puis à ce moment-là, deuxième vente, j’avais créé une landing page pour expliquer la raison d’être de la plateforme, avant de la mettre officiellement en ligne.

C’est là que j’ai décidé de postuler au programme Scale, dont le but est plutôt de structurer l’organisation de la croissance, d’accompagner la structure une fois qu’on a commencé à vendre. Aujourd’hui on en est là, en Scale, avec une deuxième version fonctionnelle de la plateforme, des premières ventes et une multiplication par 3 de la masse salariale. On est 3 aujourd’hui et un CDI rejoint bientôt l’équipe !

 

Ça doit faire super peur, de ne pas maîtriser ce que tu ne connais pas. C’est quoi ton truc pour dépasser la peur de l’inconnu ?

 

C’est de l’innovation, que ce soit métier ou technique, il y a forcément des trucs qu’on ignore, parce que personne avant ne l’a testé pour nous. Il y a forcément quelque chose qu’on ne va pas maîtriser. Sur le plan technique, beaucoup de choses sont nouvelles, peut-être que ça va marcher, peut-être pas. Mais quand on sait pourquoi on le fait, on est prêt à prendre ce risque-là.

Bien sûr j’ai réduit mon niveau de vie. Mais c’est tellement fort pour moi, cette histoire de “Pourquoi je fais ça”, que je me dis que oui, pour l’instant je suis au chômage. Pour l’instant, Pôle Emploi m’aide dans ma démarche et pour l’instant je n’arrive pas à me payer avec ma boite. Mais je me raccroche à “Pourquoi je fais ça”.

 

Je prends chaque victoire comme une brique, qui me donne la force de continuer à croire à fond en ce que je fais.

 

Et puis, on apprend en faisant des erreurs et c’est quelque chose que j’adore dans l’entrepreneuriat ! A chaque fois qu’on entreprend quelque chose, on est obligé d’en tirer une leçon. On a pas le temps, on est obligé d’apprendre très vite et de réagir !

 

Qu’est ce que tu dirais à des femmes qui hésitent à se lancer dans l’entrepreneuriat ?

 

L’entrepreneuriat pour moi, c’est un moyen, pas une finalité. Un projet s’il a du sens pour vous, vous pouvez le mener sous plein de formes : l’entrepreneuriat est l’une d’entre elles. Si entreprendre semble être la meilleure formule pour développer son idée, il faut se faire confiance. Le risque est relatif et aujourd’hui il existe plein de techniques pour commercialiser rapidement un projet et tester son idée à moindre coût ! Il y a tous les outils no code notamment, qui permettent à moindres frais d’avoir un site internet et même des marketplaces.

 

En tant que CEO, on peut impulser une autre manière de faire qui nous correspond et qui correspond à nos valeurs. L’objectif, c’est de réussir à embarquer des gens pour partager ces valeurs-là. C’est une vision du travail très forte et porteuse de valeurs qui ont du sens, à laquelle personnellement, je ne suis pas prête à renoncer !

 

Je pense qu’on est toutes capables de le faire, si on sécurise un minimum et si on s’entoure. Sans Pôle Emploi, je n’aurais pas pu le faire. Je suis reconnaissante d’être dans un pays qui me permette de faire ça, où existent des structures axées sur la mixité qui nous rappellent qu’on est toutes capables d’entreprendre. La mixité, c’est plein de choses : la mixité de genre, d’origine, de classe sociale. L’accompagnement par Willa ça te permet de ne pas dépenser d’énergie à lutter contre une image que le monde nous renvoie : celle d’être une femme, celle d’être d’une certaine classe, etc. C’est un truc incroyable que Willa a réussi à faire et j’en suis admirative.